Depuis quelques années, vous les jeunes, profitez plus que jamais des médias sociaux. Dès le début de l’adolescence, vous avez accès, pour la plupart, à des ordinateurs, des tablettes et même des téléphones cellulaires. Pour faire des recherches et et rester en contact avec vos amis, c’est vraiment génial, n’est-ce pas?
Mais saviez-vous que ces outils peuvent aussi devenir la source d’un véritable cauchemar?
À la Régie de police de Memphrémagog (RPM), nous enquêtons parfois sur des cas de « sextos ». Il s’agit de messages à caractère sexuel explicite ou de l’envoi d’images de parties intimes du corps à une autre personne, via une application quelconque.
Voici une petite mise en situation…
Tu es une fille de 16 ans en couple avec LE plus beau gars de l’école. Tu es TELLEMENT heureuse, tu pensais que c’était impossible de sortir avec lui! Après quelque temps, il te demande de lui envoyer une photo de tes seins… juste une! Il te dit qu’il s’ennuie de toi et que, si tu l’aimes, tu vas le faire. Tu hésites, mais comme tu lui fais confiance, tu t’exécutes. Après tout, ce n’est pas pire que ce qu’on voit souvent à la télé ou dans les magazines…
Plus tard, vous vous séparez… et tu apprends qu’il a partagé cette photo avec tous ses amis. Tu ne comprends pas… pourtant, tu avais utilisé une application où la photo ne pouvait être vue que quelques secondes!
Comment te sens-tu?
Ce que dit la loi
Des dossiers comme celui-ci, nous en recevons malheureusement trop souvent. Les victimes sont généralement très affectées. Une enquête est alors ouverte, et nous devons rencontrer toutes les personnes impliquées dans le partage des images. Nous avons le pouvoir de procéder à des arrestations, car selon l’article 163.1 du Code criminel, il est interdit de :
- Produire de la pornographie juvénile (moins de 18 ans)
- Posséder de la pornographie juvénile
- Distribuer de la pornographie juvénile
- Leurrer une personne mineure pour obtenir des images intimes
Ce qu’il faut retenir
Au-delà de l’aspect légal, il faut savoir faire preuve d’empathie. Se mettre à la place de la victime. Les enquêtes de ce genre demandent beaucoup de temps et d’énergie, car plusieurs témoins et suspects doivent être rencontrés. Souvent, les personnes qui ont partagé les images ne réalisent pas les conséquences de leurs gestes.
C’est pourquoi nous faisons de la prévention : pour t’informer avant que ça n’arrive.
Que faire?
Si tu reçois une photo à caractère sexuel :
- Informe immédiatement une personne responsable, idéalement un psychoéducateur à l’école (il a reçu une formation pour intervenir dans ce genre de situation) ou contacte le service de police. Il faut que ça cesse. Mets-toi à la place de la victime!
Si tu es victime :
- Parle-en dès que possible à une personne de confiance, idéalement un psychoéducateur à l’école (il a reçu une formation pour intervenir dans ce genre de situation) ou contacte le service de police. Le partage de tes images doit cesser rapidement.
- Si tu ne sais pas vers qui te tourner, des organismes comme Tel-Jeunes (1-800-263-2266) et Jeunesse J’écoute (1-800-668-6868) sont là pour toi.
- Tu peux aussi consulter les sites aidezmoisvp.ca et cyberaide.ca.
- Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) peut également t’aider : 819-820-2822.
À voir absolument
Je t’invite à regarder la capsule #gardeçapourtoi, une campagne de prévention du Service de police de Gatineau. Le message est percutant!
Et si quelqu’un te demande de partager des images intimes, pense à répondre avec humour grâce à la banque d’images disponible sur gatineau.ca.
…et voici une capsule concernant la « sextorsion » (produite également par la police de Gatineau).
Pour connaître d’autres types de crimes sur les réseaux sociaux, consultez: « Internet et les médias sociaux à l’adolescence ».
N’oublie pas… #gardeçapourtoi!! 😉

